le parc marin d’iroise sur les rails ??
Le télégramme de Brest samedi 14 octobre 2006. ou ?
Parc marin. Un mois d’enquête publique
L’enquête publique pour le parc marin d’Iroise aura lieu du 13 novembre au 13 décembre, dans 24 communes du littoral finistérien. C’est l’une des décisions annoncée hier, lors du comité de pilotage où a été également officialisée la création à Brest (voir ci-dessous) de l’Agence nationale des aires marines.
La quasi-totalité des 65 membres du comité était réunie hier, à la préfecture, autour des deux préfets du Finistère (département et maritime), co-présidents de cette instance.
Cette forte participation traduit l’intérêt, parfois controversé, que suscite ce projet qui va entrer dans une phase décisive avec cette enquête publique.
Douarnenez aussi :
Au départ, 34 communes, dont trois îles, étaient concernées, mais après les fortes réticences manifestées dans le Cap-Sizun, dix d’entre elles (de Poullan-sur-Mer à Plouhinec) ne seront consultées que dans une deuxième phase , si elles le souhaitent, dans un délai approximatif de deux ans. La ville de Douarnenez qui, dans un premier temps, avait tourné le dos au projet, a finalement revu sa position et demandé à être intégrée dans cette première phase d’enquête publique.
Il s’agit d’une procédure de consultation à divers niveaux, avec commissaires enquêteurs, qui est cependant bien plus légère que l’enquête d’utilité publique (ce fut le cas pour Plogoff, par exemple) avec laquelle il y a parfois confusion. En parallèle de cette enquête publique, les préfets devront consulter un certain nombre d’organismes, parmi lesquels le conseil général du Finistère qui attendait la publication des textes d’application pour se prononcer.
Dix orientations
A quoi servirait ce parc ? Le comité a approuvé, hier, les dix orientations servant de base au projet :
- Approfondir et diffuser la connaissance des écosystèmes marins.
- Maintien des espèces protégées, rares ou menacées. - Réduction des pollutions terrestres ou maritimes.
- Maîtrise des activités d’extraction de matériaux.
- Exploitation durable des ressources halieutiques. - Soutien de la pêche côtière professionnelle.
- Exploitation durable des champs d’algues.
- Soutien aux activités sur les îles pour le maintien d’une population permanente.
- Conservation et préservation du patrimoine paysager, architectural, maritime et archéologique.
- Développement raisonné des activités touristiques, nautiques et de loisirs, compatibles avec la protection des écosystèmes marins. 
Savoir de quoi on parle :
Le cadre d’intervention, on le constate, est très large et la nouvelle loi a intégré les concepts de développement durable, alors que la première mouture, présentée il y a quelques années, faisait la part trop exclusive à la protection de l’environnement , ce qui avait suscité de très fortes réticences. Elles n’ont pas pour autant disparu, comme l’ont prouvé de récentes manifestations, mais cette fois au moins, toutes les parties vont disposer du texte du décret. Chacun saura de quoi on parle, le préfet Gonthier Friederici et le nouveau préfet maritime, l’amiral Rollin, s’accordant pour dire que cette fois, tous les textes sont disponibles pour une véritable concertation. Dans un langage d’une diplomatie bien pesée, le préfet conclut : « Je n’imagine pas que tous les signaux à venir soient des feux rouges ».
De passage hier à Brest, France Gamerre, candidate Génération Ecologie à la présidentielle, s’est montrée étonnée des oppositions soulevées par ce premier projet de parc, à la pointe de Bretagne. « Nous à Marseille, dit-elle, on est preneurs ». Le secteur de Banyuls (Roussillon) a également manifesté le souhait de lancement d’une procédure de parc marin.
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L’agence des aires marines créée à Brest
C’est officiel : l’agence nationale des aires marines sera créée l’an prochain à Brest. Il ne s’agit pas du siège du parc marin, mais bien d’un organisme qui aura à gérer toutes les aires marines protégées de France et d’outre-mer.
La coïncidence saute bien trop aux yeux pour qu’il y ait un simple effet du hasard : la création de cette agence nationale est en lien géographique avec le projet de parc marin, et il est évident qu’elle ne pouvait être implantée à Toulon ou Boulogne, à l’heure où l’Etat ambitionne de faire de l’Iroise le prototype, et donc la première grande vitrine de la nouvelle stratégie de protection et de mise en valeur des eaux littorales, via les parcs marins. Brest, de son côté, possédait suffisamment d’atouts, de la recherche océanographique aux transports aériens, pour accueillir un organisme appelé à déborder le cadre hexagonal puisqu’il concernera également les territoires d’outre-mer. Hier soir, le maire François Cuillandre, ne manquait pas de faire remarquer que cette création donnerait plus de poids encore au pôle-mer brestois mais que la montée en puissance serait probablement progressive, au rythme de création des parcs marins.
Double mission :
C’est par décret que cette agence des aires marines est créée et que le lieu d’implantation de son siège est arrêté. Il s’agit d’un établissement public à caractère administratif, sous tutelle du ministère de l’Environnement mais les ministères de la Mer, de la Pêche et de l’Outre-mer y seront associés, en fonction des dossiers. Cette agence aura une double mission : elle participera à la mise en place d’un plan d’action mer et de la stratégie nationale pour la diversité biologique, ce qui l’amènera à veiller à l’application des conventions internationales signées par la France. D’autre part, c’est elle qui coordonnera les diverses aires marines protégées et assurera donc la mise en place des parcs naturels marins (une dizaine prévue entre France et outre-mer), chacun d’entre eux ayant un fonctionnement autonome. Reste une autre question : où sera implanté le siège du parc marin d’Iroise, s’il voit le jour ? En revenant dans le jeu, Douarnenez s’est visiblement positionnée.
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