17 / May / 2008       Admin
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Carnet de plongée "croisière nord 2006"


mardi 2 mai 2006




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Carnet de bord d’ Alain, Bernard, David


Egypte 2006 croisière nord


Plongée 1 : Dolphin house


57 mn et 12.2 par alainf


Allez hop, première immersion dans le bleu profond de la mer Rouge, après une heure de route depuis Hurghada, nous nous préparons à plonger sur un fond de 12/15 m sur ce que Adham, notre dive master, décrit comme étant un jardin de corail.


(JPG) Dès notre mise à l’eau d’une hauteur respectable 2/3 m, mes palmes ne feront pas le séjour entier, nous nous retrouvons dans un jardin multicolore de corail et d’alcyonnaires. La faune est très riche et variée, anthias, poissons clowns, papillons et demoiselles vont nous accompagner pour cette plongée de réadaptation comme ils disent.


Au milieu des patates de corail séparants les deux gros récifs, nous apercevront des perroquets voraces et une rascasse se reposant sous un énorme acropode. Surprise, notre lestage à Bernard et moi est trop, voir beaucoup trop léger, Une 12 L alu sur le dos et une salinité supérieur à notre Bretagne fait que nous devons doubler notre lestage pour notre future plongée.


Compte tenu du temps de curé régnant dans le détroit du Sinaï, le capitaine profite de cette mer d’huile pour nous rapprocher de la rive du Sinaï.


Plongée 2 : Dan Aba « épave du Kingston »


50 minutes et 24 par alainf


Deuxième plongée de la journée, et il faut avouer que je n’ai toujours pas réglé le problème du lestage. D’habitude si à l’aise dans les eaux tempérée de la Mer d’Iroise, je me sens moyen sur la notion d’équilibre en Mer Rouge. J’ai le sentiment de devoir refaire mes gammes, il va falloir régler le souci dès demain pour faire de belles plongées sur les épaves mythiques du coin.


L’épave du Kingston est un vapeur mixte Anglais coulé à la fin du XVIIII éme siècle dans le détroit de Gubal, il a tapé un récif, face au Sinaï, qui affleure la Mer Rouge et qui la rend si dangereuse à la navigation. Le Briefing nous a annoncé une petite épave et nous avons été surpris de découvrir une épave dont la partie arrière est encore bien conservée.


Cette épave devait faire une bonne centaine de mètres et jauger au bas mot 4 500 tx. L’hélice est une quadripale en poste et le gouvernail est sur tribord légèrement désaxé par rapport à cette dernière. En remontant sur l’épave, nous apercevons l’hélice de secours posée bien à plat sur ce qui reste du plat-bord arrière. Le Moteur à triple expansion est nettement visible sur l’épave ainsi que les bielles et membrures du plat-bord.


Le récif est très riche en flore et en faune, une ribambelle de poisson chirurgiens défendent leur territoire de manière explicite aux plongeurs, la murène assez imposante se détend dans son jardin de corail, l’ange se laisse photographier sous son plus bel angle, les poissons trompettes se promènent prêts à vous entonner un air de louis amstrong et les autres mérous, anthias, poissons scorpions et perroquets dansent sur cet air imaginaire qui trotte dans l’esprit joyeux du plongeur émerveillé par tant de beauté aquatique.


(JPG) Le Bilan de cette première journée est diffus pour le néophyte de la Mer Rouge que je suis. Il est plus qu’évident que sur la vision, la découverte et la beauté des sites, c’est tout simplement merveilleux, La Mer Rouge est fidèle à sa réputation.


Mais d’un point de vue technique, il faut que je trouve le bon lestage et un meilleur équilibre dans l’eau. Me sentant très ou trop à l’aise en Bretagne, il m’est difficile d’accepter de ne pas avoir une plongée parfaite. C’est une remise en question du jeune plongeur que je suis et je vais m’y adapter dès demain pour de nouvelles aventures. Et en plus il faut que je fasse attention à ne pas perdre David et Bernard, car l’œil rivé à la faune et la flore, toujours prêt à immortaliser les acteurs de la vie sous marine, je délaisse par là même mes deux fidèles compagnons.


Plongée 3 : épave du Thistlegorm


31 m et 37 mn par alainf


Nous y sommes, enfin nous allons passer de la réalité virtuelle à celle du terrain. Finies les plongées sur les livres relatifs aux belles plongées de la Mer Rouge, à nous de plonger sur le Fameux Thistlegorm, cargo anglais coulé le 6 octobre 1941 par des Heinkel he 111 de l’armée de l’air allemande basée en Crète. Ce cargo chargé à ras bord de matériel militaire pour l’armée Britannique en combat contre ROMMEL, fut touché dans une cale remplie de munitions et coula directement dans les fonds de la Mer rouge face au désert du Sinaï sur un fond de 30 m.


Nous nous levons à 5.30 pour profiter des avantages de la Croisière. En effet, les Clubs venants du continent seront sur zone vers 8.30, ce qui nous laisse une plongée sans trop de monde sur le pont. A 6.30, tout le monde à l’eau, le mouillage est assuré en deux endroits, un bout sur la partie arrière et un autre sur le pont supérieur.


Dès notre immersion, nous revoyons les images du monde du silence du Cdt Cousteau, l’épave est visible dès les premiers mètres et là on se dit que le Thistlegorm vaut bien la réputation d’une des plus belles épaves du monde. Notre plongée débute sur la partie arrière que nous prenons de bâbord vers tribord, sur la poupe, deux canons (Mitrailleuses 40 beaufort et un canon de 120 mm) sont à poste, notre imagination voit encore les marins tentants de tirer sur les avions allemands, malheureusement ils n’auront même pas le temps de tirer une seule balle. Cette partie est penchée sur bâbord, la faune est présente, poissons scorpions sur les canons, mérous à l’abri de l’énorme hélice, vivaneaux et fusiliers complètent la vision très imposante de cette partie du navire.


Nous poursuivons notre promenade subaquatique en survolant le lieu où les bombes ont explosé le Thistlegorm, cet endroit est un ramassis de tôles éventrées et tordues, pour les connaisseurs d’épaves que nous sommes, on se dit que l’explosion à dû être extrêmement violente. Deux petits chars à chenilles reposent au fond de cet amas.


La partie arrière du navire représente ¼ du navire, nous entamons en remontant la partie centrale encore intacte et que l’on imagine tranquillement à quai dans un port Anglais avec les marins au PUB. Cette partie est semblable aux images aperçues dans les livres, passerelle, mâts de charges, hublots encore à poste et des cales pleines de matériels militaires. Nous avançons sur tribord jusqu’à la proue du navire très bien conservée, les chaînes sont toujours en place dans les guindeaux. Une ancre est toujours à son poste sur son écubier, l’autre étant cette nuit là, dans l’eau à une centaine de mètres du navire. Un banc de bonites viendra nous rendre visite, les platax face au courant partageront la poupe avec les fusiliers bleus et jaunes et des vivaneaux en quête d’un repas, les nudibranches trouveront dans les recoins de l’épave un terrain de jeu parfait.


Nous terminons la plongée en survolant les wagons citernes disposés sur les côtés des cales et remontons après une très belle plongée.


PS : nous avons réglé tout nos problèmes de lestage et tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes sous marins.


Plongée 4 : épave du Thistlegorm


24 m et 32 mn par Bernard


Dès la sortie de la première plongée sur le Thistlegorm, le vent en provenance du nord s’est levé. Les cotes du Sinaï disparaissent sous d’épaisses brumes de chaleur. Parallèlement, de nombreux bateaux chargés de plongeurs viennent mouiller sur le site.


Pendant notre casse-croûte, un plongeur est assisté, victime d’un essoufflement sans doute, dans l’indifférence générale des 10 bateaux voisins plus préoccupés par la satisfaction de leurs « clients »...


Le briefing d’Adham est clair ; nous allons visiter les 2 cales avant et observer la faune à la proue du navire. Compte tenu de l’état de la mer, l’immersion et la remontée se feront au mouillage, équipée d’une « ligne de vie » ...Ma mise à l’eau est catastrophique... J’ai sous-estimé la vigueur des vagues... Je dois m’y reprendre à 2 fois. Alain et David sont déjà au mouillage lorsque je les rejoins. Nous nous immergeons immédiatement.


Les premiers mètres sont troubles mais l’imposant bâtiment se dévoile rapidement. Nous commençons notre exploration par la cale numéro 2. Elle est divisée en 2 niveaux. Dans le bas, les camions « Bedford » chargés de motos sont parfaitement alignés ; au niveau supérieur, 3 voitures « Morris » au moins, sont aussi impeccablement rangées ; le reste, motos, pneus, ferraille,... a subi l’assaut du temps et des plongeurs...


Il existe un passage entre la cale 2 et la 1 ; Alain le trouve facilement et nous nous y engouffrons. Cette cale, aussi sur 2 niveaux, est bien plus disparâtre que la précédente ; sont entassés pèle mêle, des lits de camp, des pièces d’avion, des pneus et des semelles de bottes. Mais pour nous il est temps de changer « d’air »... des palanquées arrivent de partout... c’est l’embouteillage !!! (JPG)


Notre exploration continue par le pont avant de l’épave. La vie y est abondante, vivaneaux, fusiliers, platax, .... A l’abri du courant derrière le relief du navire, nous approchons de la cabine du commandant... Alain y pénètre et photographie... Hélas pour moi, ma consommation étant proportionnelle aux clopes grillées entre chaque plongée, je suis maintenant sur réserve ... Il est temps pour moi de rejoindre la « pioche » et d’entamer ma remontée...


Alain et David m’y rejoignent. Une très belle plongée, très impressionnante. David, le « chameau des mers » a consommé bien plus que d’habitude... il remonte à 90 bars... !


Plongée 5 : El Maaga


24 m et 56 mn par David


Enfin arrivé après la traversée du détroit de gubal ... le vent a continué à forcir durant notre 4ème plongée et la traversée a été difficile pour certains ; les Bretons sont toujours là et c’est avec un grand plaisir que tous les plongeurs du bateau se préparent pour une 3ème plongée de la journée.


Après une micro sieste (45 min !), c’est l’heure du briefing d’Adham ... toujours prêts ! c’est parti pour une plongée pépère le long d’un tombant de corail. Mise à l’eau sans problème, ... let’s go pour une heure maxi.


Le jardin d’anguilles tant promis semble avoir disparu malgré les promesses. Alors on se promène tranquille. Alain flashe à fond sur tout ce qui bouge (pourtant toujours pas de sirène à l ’horizon) ; Bernard, toujours aux aguets voit la tortue tant attendue : pas de bol, elle va pas dans le même sens que nous ; c’est parti pour un sprint de quelques mètres, les oreilles me rappellent à l’ordre, ben ouais, 25 m mais j’ai réussi 2 photos. Comme quoi, un rien peut faire plaisir. Alain a levé la tête trop tard et malgré ses énormes pieds palmés, il se contente de la voir de loin. D’ici à ce qu’il garde mes photos ( ... à défaut des siennes).


Déjà 30 min de plongée et encore à 150 bars ; je sais déjà combien il reste à Bernard et Alain : je les taquines ? allez, respect des anciens ! Alain et moi continuons à mitrailler tout ce qui bouge : poissons clowns, poissons scorpions, corail de table. Alain va devenir un pro en bio mer rouge ; maintenant qu’il gère son équilibre comme une bête et que sa conso devient normale.


50 min de plongée, on remonte tranquillement vers 3-4 m pour faire notre palier et notre ami Bernard utilise ses deniers bars pour gonfler le parachute. J’dirai pas combien il me reste, mais Alain est persuadé d’avoir fait aussi bien. Quel progrès ! Arrivés en surface, le zodiac est là pour nous récupérer.


Les compères bretons sont toujours là et c’est arrivé au bateau (pas fous les loustics) qu’Alain et Bernard commencent un combat héroïque dans le zod ... lequel des 2 aura la force et la rapidité pour me rejoindre dans notre goélette ? Esquive, enjambée, souplesse, quand soudain, n’écoutant que son courage, Alain se dévoue ( ?), glisse ( ?), subit le dernier assaut de Bernard ( ?) et tombe à la l’eau.


Ca promet de longs débats à l’apéro euh, pardon au débriefing !


Plongée 6 : épave de Gubal Shaghir


28 m et 47 mn par alainf


La plongée du jour nous amène sur une épave à une vingtaine de minutes en Zodiac de notre goélette. Le cargo Mixte Ulysees coulé en 1887 sur l’île de la « petite Gubal » est une épave de 90 mètres. Ce Navire repose sur le récif de - 5 m et jusqu’à - 25/30 m.


Dès notre mise à l’eau le spectacle est grandiose, l’épave est sous nos pieds, elle est colonisée par une épaisse couche de corail. Nous descendons le long de la coque coté bâbord, vers 20 m, un Napoléon nous accueille gentiment, la coque est inclinée sur le côté babord et les membrures de jadis le plat-bord sont très visibles, nous rentrons dans la cale arrière, deux pastenagues tachetées bleues nous observent d’un oeil surpris. Dans la cale, il reste pour des yeux aguerris, une partie de la cargaison, du câble électrique. Avec Adham, nous faisons le tour de la poupe et une énorme hélice avec le gouvernail en poste donne à ce navire une belle « gueule d’épave ».


(JPG) Le deuxième napoléon qui hante ce lieu se trouve face à nous et s’éloigne doucement de ces importuns que nous sommes. Nous passons au dessus de l’épave et redescendons le long de la coque sur le récif, un poisson crocodile repéré par Jérôme nous attend pour une séance photo des plus intéressante. Quelques mètres plus loin, une roue dont on se demande quelle était son rôle s’expose sous nos yeux interrogateurs.


La plongée se poursuit, récif épaule droite, c’est vraiment un jardin de corail, il y en a partout et tous en pleine forme, la nature est vraiment à son paroxysme de beauté. Le long de cette barrière naturelle, nous rencontrons un espace réservé au Corail de feu, des pastenagues, des lion’s fishes et toute la faune habituelle de la Mer Rouge. Ce fut vraiment une très belle plongée.


Avis de tempête sur la croisière, en effet depuis hier Matin et notre première plongée sur le Thistlegorm, le vent n’a cessé de souffler de manière assez soutenue durant toute la journée d’hier et une grande partie de la nuit. Depuis ce matin, même si les conditions sont meilleures, il souffle encore en venant du Nord de la Mer Rouge. ¨Pour nous autres habitués à de telles conditions, cela ne change en rien notre voyage, par contre pour d’autres les visages sont plus verts que bronzés......


Plongée 7 : tombant de bluff point


24 m et 45 mn par Bernard


2ème plongée de la journée ; le tombant est appelé ainsi car les courants sont changeants, voire bluffants ...


La plongée commence dans le zodiac qui se rempli dangereusement... mes palmes sont en dessous de celles d’Alain, donc il va falloir qu’on synchronise au plus juste la bascule arrière ... ! Nous atteignons tout de suite les - 24 mètres. A cette profondeur le corail est recouvert de sable. Notre progression dans le courant commence de façon plutôt désordonnée... Mes deux photographes mitraillent sans cesse, se souciant peu de « l’esprit de palanquée »... Je ne vois plus Alain qui est devant, et David est scotché sur un objectif à plus de 40 m de moi... David découvre un poulpe qu’il prend d’abord pour un poisson pierre. Alain, de retour « parmi nous », le taquine et l’animal nous dévoile ses tentacules à ventouses. Au bout de 18 mm nous sommes toujours sous la barre des 20 mètres et je souhaiterais commencer à remonter tranquillement pour éviter le palier. Alain m’envoie paître ... Je l’envoie paître aussi ... ! les joies de la plongée !!!


Notre progression continue par un ravissement de couleurs et d’activités : raies pastenagues, murènes, labre clown, ... et une multitude de coraux, d’algues et de poissons. Ces plongées sur « tombant » sont belles et riches en vie aquatique...


Cependant, quelque chose que nous espérons fortement nous manque ... : les GROS ... !!! (les gros poissons, bien sûr ... ! .. barracuda, requin, ...).


Plongée 8 : récif de shaab al gubal NUIT


14 m et 45 mn par alainf


C’est toujours une plongée dans l’inconnu de faire une plongée de nuit, celle que nous venons de faire est de ce genre. D’abord mise à l’eau sur un patrouilleur Egyptien coulé pendant le conflit israélo-égyptien entre 1967 et 1973.


La première impression c’est que nous ne sommes pas seul sur l’épave, des lampes sortent de partout, c’est impressionnant car nous n’avons pas le sentiment de faire une vraie plongée de nuit. Nous contournons l’épave et rencontrons une très belle murène prête à chasser et un doris à quatre couleurs posé tranquillement sur l’épave. Dans les faisceaux de nos lampes apparaît un banc compact de fusiliers bleus, il y en a partout, c’est un pur bonheur.


Décidés à prendre un peu de liberté, nous nous éloignons de l’épave pour plonger le long du récif, comatules, corail, oursins crayons et de feux apparaissent en grand nombre sous nos palmes. Bernard a le temps de se faire piquer par un oursin d’où l’expression « qui s’y frotte s’y pique »


(JPG) Notre plongée s’embellit encore lorsque nous rencontrons sur le banc de sable une cigale des mers de jolie taille et un vers plume rarement observé.


La lampe de Bernard s’affaiblit la première et nous terminons la plongée en photographiant des rascasses en chasse et des alcyonnaires polypes en tenue de soirée.


Un joli moment de plongée.


Plongée 9 et 1O : épave de Rosalie Moller


29 et 27 mn et 36 et 37m par alainf


Le Rosalie moller, cargo Anglais a été coulé le 7 octobre 1941 par les mêmes avions qui avaient coulé le Thistlegorm deux jours plus tôt. Il faut dire que ces navires au mouillage en attente de l’ouverture du Canal de suez, offraient de véritables cibles pour les avions allemands chargés d’envoyer tous navires ennemis par le fond.


La plongée sur le Rosalie moller est une plongée « difficile », car théoriquement en Egypte, nous n’avons pas le droit de plonger à plus de 30 m !!!!, le Pont du navire de 109 m repose vers 35/37 m et le Rosalie est posé sur un fond de 5O m. Fond que malheureusement nous ne pourrons aller voir et ce n’était pas l’envie qui manquait, mais nous ne sommes pas au Conquet et nous nous faisons un devoir de respecter les règles du pays qui nous accueille.


Deux plongées seront donc nécessaire pour avoir une vison d’ensemble de l’épave, nous sommes arrimés au mat arrière qui surplombe le bateau de 20 m, notre première plongée sera consacrée à la partie arrière, la seconde à la partie avant. (même si certains sur le bateau on fait deux fois la poupe, mais savent-ils seulement ce qu’est une poupe et une proue ???)


La visibilité est médiocre par rapport à nos plongées précédentes, mais par rapport à ce que nous connaissons en Bretagne, cela reste plus que correct. La plongée est surprenante, différente du Thistlegorm, car nous naviguons sur un navire entier, posé comme s’il était à quai en attente de chargement. Nous sommes surpris aux vues des traces d’explosions réduites, que ce navire énorme ait pu coulé directement, s’il avait eu des compartiments étanches.............


Nous pénétrons dans les cabines extérieures, sur chacune des ouvertures, des hublots d’une beauté déconcertante qui feraient le bonheur de plusieurs plongeurs bretons, mais dans un souci de discrétion, je ne dévoilerais pas les noms de ces personnes .............(JPG)


La proue est très bien conservée, une ancre est encore en position, et les bossoirs en position de déchargement, donnent une idée que ce navire fut évacué non sans une certaines précipitation. Cette partie du navire rappelle le TITANIC, comme le dit le dive master de la croisière, mais comme cela fait longtemps que je n’ai pas plongé sur le Paquebot maudit, j’avoue de pas pouvoir faire la comparaison, mais cela reste une très belle proue.


Au dessus de nos tête s’élève le second mât, celui de l’avant avec sa tourelle d’observation, nous terminons notre plongée en survolant l’épave et les mérous, carangues, vivaneaux, rascasses et autres poissons géographes qui nous saluent avant notre remontée.


Plongée 11 : récif de sha’ab abu Nuhas le Chrisoula K


26 m et 45 mn par alainf


Après la deux plongées profondes sur le Rosalie Moller, Adham nous propose de faire une troisième plongée près du lieu que le Capitaine a choisi pour passer la nuit. La traversée nous envoyant sur ce nouveau site est mouvementé, en effet le vent du Nord continue à forcir et rend la mer un peu sportive, arrivé sur zone, nous ne sommes que trois, les bretons, à vouloir faire cette dernière immersion de la journée. Bien nous en a pris.


L’épave du Chrisoula K est un cargo marchand grec coulé en 1981, cette épave de belle taille environ 100 m s’est encastrée dans le récif et a coulé en deux temps, d’abord la partie arrière et centrale qui sombrèrent immédiatement et la partie avant qui resta longtemps accrochée au récif avant de disparaître à jamais.



(GIF)

Dès l’immersion, c’est un spectacle grandiose, de la couleur, de la vie, un visibilité extraordinaire sur l’épave. Nous visitons d’abord un jardin d’anguilles qui se cachent dès notre arrivée malgré notre discrétion. Les platax sont au poste de nettoyage, les perroquets et papillons s’offrent à nos objectifs. L’épave est habitée et colonisée par de nombreux coraux magnifiques, c’est un régal.


(JPG) Nous observons le chargement de céramique posé dans les cales et qui a dû et fera le plaisir des égyptiens désireux de faire ou refaire une salle de bain !!! Notre plongée se termine par la visite des cabines et de la passerelle ou de nombreux Glass fishes se font attaquer de toutes parts par des carangues dorées.


(JPG) Un très bon moment qui termine une journée particulière pour moi, car c’est en Egypte que je viens de fêter mes 35 ans. Comme cadeau l’équipage m’a jeté du zodiac à une bonne distance de la goélette, que j’ai du rejoindre à la nage.


Plongée 12 : récif de sha’ab abu Nuhas le Carnatic


27 m et 47 mn par alainf


Le Carnatic, son nom est connu de beaucoup de plongeurs de part le monde, en effet ce voilier moteur a sombré le 14 septembre 1869, le naufrage fit 27 victimes. Plonger sur cette épave est surprenant, dès l’immersion, nous comprenons vu l’emplacement du navire que le Capitaine, dans une prise de conscience du risque encouru, a donné l’ordre de faire


babord toute, le navire a la proue vers le large et le gouvernail orienté gauche toute.

L’épave est coupée en deux, nous explorons la partie avant, très bien conservé, elle pointe son étrave vers le large. L’épave est colonisée par les coraux, acropodes, alcyonnaires mauves et jaunes, c’est splendide.


Je me permets de rentrer dans le squelette de fer de ce navire et la vision est surprenante, on dirait que je plonge dans une cathédrale et l’endroit inspire la quiétude et le respect. Le navire repose sur le récif sur tribord et sur le sable sur babord, des pastenagues tâchetées de bleu, des poissons crocodiles de belles tailles accompagnent notre plongée. Nous entendons les perroquets croquer dans le corail.



(JPG)

Nous entamons la visite de la partie arrière et la cathédrale que forme le navire est impressionnante ; Je me permets d’aller visiter ce que jadis représentait les premières classes, au niveau de l’hélice, un énorme mérou nous attend et un poisson pierre également.



(GIF)

Notre plongée se termine par l’exploration du second niveaudu Carnatic.Une très belle plongée encore une fois.


Bernard appelle cet endroit le Parking à épaves, en effet entre le Carnaticet le Chrisoula K, il y a 100 m et entre le CarnaticetleGiannisD, notre prochaine épave 150 m. D’où l’expression unique de PARKING.


Plongée13 : récif de sha’ab abu Nuhas Le Giannis



25 m et 47 mn par alainf


Le Giannis D, l’épave la plus récente du récif, ce navire Grec sombra quelques semaines après avoir percuté de plein fouet le célèbre parking à épave, le Giannis D. nous étions le 19 avril 1983. Ce navire repose au fond de manière surprenante, en effet, il y a trois parties sur le Giannis ?(JPG) La partie arrière est intacte ou presque jusqu’au pied de la passerelle, elle est vraiment impressionnante puisque le mât est à 4 m de la surface et la coque repose sur un fond de 26 m. Elle est inclinée sur bâbord et ne laisse entrevoir qu’une hélice sur les deux. Une sensation étrange de vertige, même si le mot est fort, nous prend lorsque nous pénétrons à l’intérieur du navire, cabine, passerelle sont hantés par de gros mérous et des alcyonnaires. Les coraux commencent à coloniser l’épave par petites touches.



(GIF)

Une fois quittée la passerelle avec l’accord de l’homme de barre, nous entamons tranquillement la remontée vers la partie avant du navire englouti. C’est un amas de poutres, de bois, de câbles qui font le bonheur de la faune et la flore du récifs.


(JPG) La partie avant est à 90°, posée sur le fond sableux, l’étrave est impressionnante par son élancement et sa taille. Nous avons la chance de rencontrer un Napoléon de belle taille, qui se fera un plaisir de nous accompagner jusqu’à notre retour sur la passerelle pour effectuer nos paliers au pied de l’imposante cheminée marquée du D de la compagnie GIANNIS D.


AVIS : de toutes les épaves de ce récif maudit, c’est la plus imposante, la plus récente mais la moins habitée par la faune et la flore de la mer rouge. Donc Même si nous avons passé un très bon moment, je préfère le Chrisoula K et le Carnatic.


Navires sur le récif de sha’ab Abu Nuhas


3 épaves en moins de 500 m


Le Chrisoula K


Le Carnatic


Le Giannis D


et en plus il y a encore le sea star à 150 m à l’est du Chrisoula K



(GIF)

Plongée 14 : tombant El Gilwa


15 m et 63 mn par David


Et oui, 3ème plongée de la journée à nouveau avec un petit plaisir : fini les épaves, on redécouvre la beauté naturelle de la Mer Rouge. Après le briefing et les promesses d’Adham, Bernard est impatient de se mettre à l’eau avant que nos autres collègues plongeurs ne fassent fuir toute la faune ...


Et c’est partie pour 1 heure d’un véritable plaisir visuel qui s’offre à nous dès notre immersion où nous cheminons de patate en patate dans la zone des 8-10 mètres. Pourtant, dès le début de cette balade, Alain est agacé : point de photos, il a monté ses piles à l’envers ; aïe : c’est à moi, apprenti reporter de faire les photos et c’est pas ce qui manque : poulpe, diodon, rascasse, poissons scorpions sont au rendez-vous. Nous en avons vraiment pris plein les yeux et Bernard en oublie (volontairement) de nous dire qu’il ne lui reste plus que 20 bars dans sa bouteille ... allez, je déploie le parachute et nous faisons tous 3 surface avec des images pleins les yeux.


Super balade d’1 heure pour la joie de tous les plongeurs du bateau.


Plongée 15 : siyul kebira


25 m et 63 mn par alainf


Dernière journée à bord du Kemanoglu, Le vent est tombé depuis hier soir, et c’est sur une mer d’huile que dès 6h00, le capitaine Armhed fait route vers la première plongée de la matinée. Le briefing est annoncé, tout le monde est présent, non, il nous faut aller réveiller David, en effet, la fête organisé la veille par l’équipage pour fêter mon anniversaire a laissé des traces dans les yeux plein de sommeil du Doc.


Le récif de siyul kebira est un récif en pleine mer, dès notre mise à l’eau nous allons visiter la grosse patate sous la goélette, c’est magnifique, les anthias sont partout, c’est un bouclier orange qui protège le récif, nous poursuivons récif épaule gauche notre ballade, énorme rencontre avec un diodon géant, murène, poissons papillons....


Notre progression en tête de cortège est perturbée par l’arrivée massive d’une palanquée de 9 plongeurs !!!!, nos 8 compagnons de croisière et Adham. Devant ce bordel sans nom, je prend la décision de faire demi tour et de rejoindre la goélette épaule gauche sur le récif, nous voilà enfin seul, nous remontons tranquillement le long du récif, un poisson ballon nous accompagne quelques mètres.


Bernard remonte faute d’air et je continue quelques minutes avec David et BANG la rencontre de ce voyage, une belle tortue mange tranquillement à 4/5 m de profondeur, nous restons avec elle, pendant 10 minutes, c’est un spectacle magique et rare. Nous vidons nos deux bouteilles


et remontons à dix mètres du navire. Les autres, rien, ils n’ont rien vu. Il faut dire qu’à 9 sur le récif, cela fait un peu de bruit......................


Plongée 16 : Marsa abu galawa


20 m et 69 mn par alainf


Allez c’est la dernière, nous faisons route plein ouest pour rejoindre la continent Egyptien. L’endroit est féérique, pastel de couleurs turquoises contrastants avec le bleu profond de la mer au dessus du récif ..........


Adham nous explique que l’intérêt de la plongée est moyen, il faut surtout voir le jardin d’anguilles, les poissons pierres et essayer dans les herbiers de repérer les deux hippocampes qui vivent dans la zone.


Notre mise à l’eau est perturbée par un problème au niveau du premier étage de Bernard Le problème réglé nous nous immergeons dans une eau laiteuse.


L’intérêt de la plongée est de découvrir les hippocampes et miracle, Bernard met la main dessus. Jamais nous n’avions vu ces animaux en liberté. C’est un bon moment de plongée car c’est une découverte. Maintenant je pense à ce pauvre hippocampe qui d’un seul coup voit débarquer une dizaine d’Homos palmus en ébullition autour de lui. Quel courage


(JPG) Voilà après 1.10 heure de plongée, nous garderons cette image, comme dernier souvenir de cette croisière Nord 2006.


Conclusion


Ce voyage fut un vrai plaisir des yeux ; plonger dans une mer aussi belle est un privilège que la nature nous offre. Les jardins de corail sont exubérants, la faune et la flore présente, même si on peut regretter de ne pas avoir vu des gros (requins, baracoudas........)


Les conditions météos sont surprenantes, il y a du vent fort souvent et notre croisière a été par moment mouvementée pendant les liaisons de sites en sites. Mais étant amarinés depuis longtemps, nous n’avons pas, au contraire d’autres, souffert de ce vent. Malgré ce dernier la température de l’air durant la semaine a tourné aux alentours de 32°C et l’eau était à 24°C.


Enfin les épaves, fidèles à la légende, énormes, riches en faune et flore. Les épaves de mer rouge sont des chefs d’œuvre pour les plongeurs que nous sommes.


Merci à la nature pour tous ces moments offerts et à bientôt pour de nouvelles aventures


David, Bernard et Alainf


Notre équipage et le bateau


Le Kemanoglu


Le Navire appartenant à Blue Lagoon depuis 8 années, est un ancien bateau de pêcheurs d’éponges en Turquie, aujourd’hui transformé en goélette orientée vers la plongée sous marine, le Kemanoglu offre à ses passagers un confort relatif mais correct.


Les cabines sont réparties en deux zones, une première sous le pont principal est composée de 4 cabines disposant d’un grand lit double. Cette zone n’est pas la meilleure du bateau, elle est située près du moteur et de la cuve à mazout. Il faut avouer qu’à certains moments, un léger relent de gasoil taquine les narines des vacanciers.


La deuxième zone de cabine, à l’avant, la mieux, est composée de 4 autres cabines soit à 3 places ou deux places. Toutes les cabines disposent d’un espace toilette et douche indépendant. Certains se plaindront du relatif inconfort, mais ce n’est pas une croisière grand luxe, mais une croisière orientée plongée et de la plongée et des belles on en fait et refait tous les jours.


Le pont principal est très bien agencé, table pour le repas, coin détente sur l’arrière et au dessus de la cabine principale. On a tout se qu’il faut pour bronzer, discuter, échanger et relater nos magnifiques plongées.


(JPG) La partie avant de la goélette est la zone réservée à la plongée, deux compresseurs un peu bruyant, certes, gonflent nos blocs à 200 bars minimum et un groupe électrogène dispense de l’électricité pour l’ensemble des batteries, chargeurs, phares, appareils photos et la musique de Hassan notre cuisinier, qui écoute, chante de la musique soudanaise toute la journée.


L’équipage est composé de 5 marins, le capitaine ARHMED nous impressionne par sa connaissance des passes, des courants, des lieux de plongées.... Et le tout sans GPS et sondeur. Je vous invite à essayer de vous rendre sur vos lieux de plongée sans ces deux instruments magiques !!!!!!!


Les 4 marins qui l’accompagnent ont des rôles définis. Un s’occupe de nous envoyer en plongée et d’assurer la sécu surface, un autre est cuistot et musicien, un troisième est responsable de la partie plongée, équipement et le quatrième aide un peu les trois. Ces gens sont très agréables et très sympathiques, ils sont aux petits soins avec nous et préparent de bons repas nécessaires pour des divers fous.


ATTENTION


Maintenant, le Kemanoglu et la croisière Nord n’est pas une croisière de luxe, alors quand sortis de l’eau, qui elle est 5*, n’oubliez jamais que le prix du séjour est raisonnable, alors soyez tolérant avec l’équipage. Il y a toujours mieux mais c’est beaucoup, beaucoup plus cher. Donc posez vous la question, Pourquoi faire une croisière en Egypte en Mer rouge, si c’est juste pour plonger, c’est la formule idéale, si c’est pour profiter de la plage et du soleil, restez à l’Hôtel Marmara, il est très bien. Cela vous évitera d’avoir le mal de mer.



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