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    La guerre de Crimée

    | 20 février 2008

    La guerre de Crimée

    Par Fanch

    L’expédition
    de Crimée, vingt-quatre ans après cette d’Algérie donna à la marine à vapeur
    naissance de sa consécration d définitive.

    Elle
    soulevant, en effet, un problème encore plus difficile que celui qu’avait
    résolu l’amiral Dupré et qui était insoluble par les seuls moyens de la marine
    à voiles :

    Le
    transport et le ravitaillement pendant deux ans de prés de deux cent mille
    hommes à plusieurs milliers de kilomètres de leur pays natal.

    Au cours de l’été 1853, les escadres anglaise et française de la Méditerranée

    s’étaient réunies à l’entrée des Dardanelles en vue de protéger Constantinople
    contre les visées traditionnelles de la Russie.
    Le
    22 septembre, tandis que la flotte alliée attendait un
    vent favorable pour franchir le détroit, le Napoléon, tenant les promesses de
    ses essais de l’année précédente, enlevait
    le trois ponts la Ville-de-Paris, portant le pavillon de l’amiral
    Hamelin (Amiral
    en 1854, il entre au Sénat. Il est nommé ministre de la Marine en 1855. A ce poste il engage
    le programme de rénovation navale voulu par l’Empereur : suspension de la
    construction des vaisseaux de bois, mise en chantier de la Gloire, premier vaisseau
    cuirassé… Il est remplacé en 1860 et nommé grand chancelier de la légion
    d’honneur, premier marin à être appelé à cette dignité. Il meurt en 1864
    .) , qu’il conduisait d’une traite dans la mer de
    Marmara, où les autres les autres vaisseaux le rejoignirent les jours suivant.

    Le 20 octobre, la Russie déclarait la guerre à la Turquie, et le 30 novembre
    une escadre commandée par le vice amiral Nakimoff détruisait en trois heures,
    devant Sinope, une division de frégates et corvettes ottomanes très inférieure
    en force, n’ayant que des boulets pleins à des boulés explosifs ennemi.


    Le 27 mars 1854, les troupes du tsar ayant passée le
    Danube pour mettre le siée devant Silistrie, la France et l’Angleterre
    déclarèrent la guerre à la Russie. Le

    15 avril, la proclamation solennelle en fut faite aux acclamations des
    équipages à bord des vaisseaux mouillés en rade de Balfchik, au nord de Varna,
    tandis que les pavillons des nations alliés claquaient en tête de mats.

    Une
    pareille guerre qui mettait des nations éloignées, mais disposant d’une flotte
    de 130 vaisseaux, aux prises avec l’immense empire de Russe, dont l’armée
    navale ne comptait que 40 navires était en faite la lutte décevante de la
    baleine contre l’éléphant.

    En
    raison des facilitées offertes par la proximité de la Turquie pour servir de
    base d’opérations, c’est la mer Noire qui fut choisie pour théâtre principal de
    la guerre. L’escadre de l’océan, constituée à Brest sous le commandement du
    vice-amiral Bruat, reçu l’ordre de faire route sur les détroits et rallia au
    mois de juin le pavillon du vice-amiral Hamelin, qui se trouva ainsi à la tête
    de forces imposantes :

    L’escadre
    de la Méditerranée,
    comprenant 9 vaisseaux, dont 3 premier rang : la Ville-de-Paris, le Friedland et le Calmy, et un
    vaisseau à hélice de 80 cannons, le Charlemagne, et l’escadre de l’Océan, qui
    comptait 6 vaisseaux dont 3 à hélice : le Montebello de 120 cannons, monté
    par l’amiral Bruat, le Napoléon ( Vaisseau a Hélice et a grande vitesse le Napoléon, de 960 chevaux, portant 92 canons, et lance le 15 mai 1850 a Toulon, sur les plans de Dupuy de Lôme

    Ce bâtiment fut une révolution dans l’art naval. Il atteignit a la machine seule la vitesse de 13 n?uds 86 centièmes (25 kilom., 600) sur le parcours Marseille-Toulon, le 25 septembre 1852. Ce fut le premier vaisseau de ligne a grande vitesse) et le
    Jean-Bart. Quand à l’escadre de l’amiral Dundas, dont le pavillon flottait sur
    le Britanna, de 120 cannons elle ne possédait que 2 vaisseaux à vapeur : l’Agmennon, portant la marque de
    contre amiral Lyons, et le Sans-Pareil.
    (
    Vaisseau le Sans-

    style="color: rgb(153, 51, 102); text-decoration: none;">Pareil, portant 198 canons, construit en 1760
    Le Sans-Pareil donne une idée des beaux vaisseaux de l’époque de Louis XV ; la construction navale avait alors fait des progrès considérables, et le vaisseau a voiles touchait presque a sa perfection
    )

    La levée du siège de Silistrie rendit
    bientôt les troupes disponibles et, comme une affreuse épidémie de choléra
    survenue au mois d’août décimait l’armée et la flotte assemblées à Varna, les
    chefs de l’expédition durent chercher un nouvel objectif. Se rangeant à l’avis
    des Anglais, dont l’esprit réaliste ne perdait pas de vue l’escadre russe de Sébastopol,
    ils décidèrent de débarquer en Crimée.

    Le
    5 septembre
    une armada de 350 navires, dont 90 de guerre, quittait le
    mouillage de Balfchik, transportant une armée de 64.000 hommes, dont 29.000
    Français, 7.000 Trucs et 28.000 Anglais, avec d’énormes approvisionnements. Après
    quelques hésitations sur le choix des lieux de débarquement, on se décida pour
    le fort d’Old Fort, à 45
    kilomètres
    dans le nord-ouest de Sébastopol, et le 14 la
    mise à terre se fit sans opposition de la part des Russes. Le prince
    Mentchikof, accouru en tout hâte, fut bousculé sur les bords de l’Alma et dut
    se retirer en direction de Silféropol, laissant aux alliés la route libre sur
    Sébastopol.

    Craignant une attaque par la mer,
    l’amiral Nakimoff coula à l’entrée du port 6 vaisseaux et 2 frégates reliés
    entre eux par des estacades, et, comme les positions dominantes du nord étaient
    difficiles à enlever, les alliés se dirigèrent sur le plateau de Khersonèse, au
    sud de la ville, en faisant le tour âr l’intérieur. Pendant ce mouvement,
    l’escadre anglaise occupa le fiord de Balakava, au sud de la presqu’ile, et la
    flotte française la baie ouverte de Kamiesch, à l’ouest de port, pour y établir
    les dépôts d’approvisionnements de leurs armées respectives. Sous l’énergique
    direction de l’amiral Kornilof, gouverneur général de la Crimée, et de Nakimoff,
    déjà sexagénaire, qui furent tués l’un et l’autre au cours du siège, 15.000
    marins servant 2.000 cannons débarqués des bâtiments coulés ou désarmés
    défendaient les forts de Sébastopol. Pour attaquer de pareils ouvrages, les pièces
    de l’armée assaillante étaient insuffisantes et, le 3 octobre 1.100 marins
    français avec 20 bouches à feu sous le commandement du capitaine de vaisseau
    Rigault de Genouilly, et 1.800 marins britanniques avec 50 pièces virent
    renforcer le parc de siège

    Le
    17 octobre

    les généraux alliés attaquent la place après une forte préparation
    d’artillerie. Mais le feu des batteries de siège, commencé au lever du jour,
    est rapidement maitrisé, et lorsque, vers midi la flotte alliée, retardée par
    la brume et l’imprécision des ordres, est disposée en double croisant en face
    des fortifications de l’entrée du port, un vigoureux duel d’artillerie s’engage
    entre les escadres et les forts, dont le tir plongeant leur cause de graves
    avaries. Le dunette de la Ville-de-Paris
    est défoncée par l’éclatement d’une bombe, aux pieds même de l’amiral Hamelin,
    et c’est grâce à l’épaisse fumée empêchant l’ennemi de rectifier son tir qu’à
    la nuit tombante la flotte peut se retirer sans trop de dommage de sa
    dangereuse position. Les alliés ont 74 morts et 413 blessés, mais les Russes
    ont fait une perte irréparable en la personne du jeune amiral Kornilof. La rue de
    leçon n’est pas perdu, car elle montre que les vaisseaux son impuissants contre
    les batteries qui les dominent. Dès lors, le rôle militaire de la flotte est
    virtuellement terminé et de nouvelle tâche ardue et pénible lui incombe, qui
    sera le plus souvent le lot de la marine dans les expéditions d’outre mer. Les
    bâtiments à vapeur étant en nombre insuffisant pour assurer les transports, les
    vaisseaux à voiles, montés par des équipages réduits de moitié, accomplissent
    de véritables tours de force. « On se souvient

    plus de l’effroi qu’inspirait le mer Noire aux anciens navigateurs, écrivait
    Jurien de la Gravière,
    chef d’état major de l’amiral Bruat ; nous l’avons si souvent traversée,
    dans tous les sens et dans toutes les saisons, que nous avons fait oublier son
    renom sinistre. Avant l’expédition de Crimée, les compagnies d’assurances les
    tenaient pour l’une des mers les plus dangereuses du globe. On n’eût jamais
    admis que les vaisseaux à voiles la pussent la sillonner en hiver ; on se fût refuser à croire que les escadres
    songeassent à rester mouillées sur les côtes de Crimée au-delà du mois
    d’octobre
    »

    En fait un ouragan incomparablement plus
    violent que celui qui avait assailli la flotte de Duperré à Sidi-Ferruch se
    déchaine le 14 novembre 1854 sur toute la côte de la Crimée, balayant tout les
    mouillages occupés par la flotte. L’Henri-IV, la corvette à vapeur le Pluton et
    le vaisseau turc sont jetés sur la plage d’Eupatoria ; 38 navires de
    commerce sont détruits, entrainant la mort

    de 400 marins.

    Cet avertissement fut un arrêt de mort
    pour les vaisseaux à voiles, qui furent renvoyés de la mer Noire tandis que
    l’amiral Hamelin transportait son pavillon sur une frégate à roues. Lui même,
    élevé à la dignité d’amiral, rentra en
    France à la fin de décembre, laissant le commandement de l’armée navale au
    vice-amiral Bruat (
    Armand Joseph
    Bruat
    , amiral français,
    né à Colmar
    le 27 mars 1796,
    mort en 1856.)
    . Cependant, la
    flotte se résigne difficilement à l’inaction, et au mois de mai 1855, les
    amiraux allies organisent une expédition dans la mer d’Azof en vue de détruire
    les approvisionnements accumulés par l’ennemi.

    Quelques jours plus tard, l’enlèvement
    du « Mamelon vert » qui donne accès
    à la tour de Malakof dominant la partie est de Sébastopol, fait présager la fin
    du siège ; mais l’assaut prématuré de la tour, tenté le 18 juin aboutira à
    un sanglant échec, et il faut attendre encore prés de trois mois pour emporter,
    le 8 septembre, l’ouvrage considéré justement comme clef de Sébastopol.

    Si grave que fût pour la
    Russie
    la perte de grand port de la mer Noire, elle ne
    mettait plus en péril le vaste empire où avait fondu la grande armée de
    Napoléon que ne l’avait fait in an auparavant dans la Baltique la destruction
    de Bomarsund par les amiraux Nappier et Parseval-Deschêns.


    L’escadre française recevait un renfort
    décisif, constitué par les trois batteries flottantes, Lave, Tonnante er Dévastation.

    L’idée de ces navires, dérivés des
    engins employés au siége de Gibraltar de 1782, n’était pas nouvelle et avait été reprise par
    l’ingénieux Labrousse dans son projet de bélier à éperon qui avait conduit à faire
    à Grâves, en 1842 et 1843, des expériences de blindage restés indécises. A la
    suite de l’échec des escadres alliées devant Sebastopol, des essais décisifs
    furent faits à Vincennes ; en même temps on construisait en grande hâte,
    sur les plans de l’ingénieur Guyeqqe, 3 batteries flottantes, sortes de
    chalands en bois de 53
    mètres
    de longueur sur 13 mètres de large et
    recouverts d’une armure en fer de 10 centimètres d’épaisseur ;
    une machine de 375 CV leur imputait une vitesse de 2 n?uds 5 à peine suffisante
    pour pouvoir se déplacer . Aussi est ce à la remorque qu’on les envoya en
    Crimée, où elles arrivèrent quelques jours après la chute de Sébastopol.

    Les
    frégates cuirassées.

    Le
    succès remporté à Kinburn par les
    batteries flottantes fut le second épisode de la lutte du canon contre le cuirasse
    annoncée en 1825 par l’emploi des obus explosifs du chef de baitaillon
    Paixhans, qui annonçait dès cette époque la construction de navires en fer à
    l’épreuve de l’artillerie, ajoutant qu’on serait obligé de revenir au combat
    d’abordage, convenant particulièrement au tempérament français, d’où il
    résultera, affirmait-il avec la belle hardiesse des novateur, » que la puissance de nos flottes s’agrandira de la
    puissance de nos armées : changement immense.
    »

    Dupuy
    de Lôme eu l’honneur de construire le premier cuirassé., en même temps qui

    présentait au prince de Joinville (Le
    prince de Joinville naît à Paris le 14 octobre 1818.
    Comme ses frères, il passe ses premières années au collège Henri-IV où il remporte de véritables
    succès. Autant pour obéir aux ordres du roi que pour suivre ses propres goûts,
    le prince se dispose à entrer dans la marine par des études spéciales, subit
    ses premiers examens à Brest et commence à l’âge de 13 ans l’apprentissage du métier
    de marin. Il s’embarque à Toulon
    ,aumois de mai1831, comme

    aspirant de 2e

    classe sur la frégate l’Arthémise, navigue sur les côtes de France et se rend en Corse, à Livourne,
    à Naples,
    à Alger.
    Là, il est soumis à toutes les épreuves imposées aux élèves de l’École navale. Le prince de Joinvuille meurt à Neuilly

    le 16 juin
    1900.)

    Les plans du futur Napoléon, l’illustre
    ingénieur lui avait montré un projet de frégate entièrement construite en fer,
    mais, en raison de l’interruption des expériences de Grâves, il avait refermé
    son dossier.

    Quand o a en tête des innovations aussi considérables, disait-il
    en 1856 à un visiteur de l’arsenal de Toulon, il faut attendre l’occasion
    favorable de les faires réussir ; autrement on se brise sans profit pour
    personne
    .

    Maintenant
    c’est différent ; les batteries flottantes ont réussi ; Trois ans
    plus tard la Gloire,
    offrant presque les mêmes caractéristiques que le Napoléon était lancée à
    Toulon.

    Napoléon La Gloire

    Longueur
    de flottaison
    71m23 78m

    Largeur
    au fort 16m16
    17m

    Tirant
    d’eau moyen 7m72
    7m

    Déplacement
    en charge 5.047 t 5.620 t

    Puissance
    nominale 900 CV
    900 CV

    Vitesse 15 n 86 13 n 5

    C’était
    sensiblement le vaisseau de Dupuy de Lôme rasé de sa batterie haute et allongé
    de 7 mètres.
    Les flancs recouverts de 10 à 12
    cm
    de fer.

    L’armement :

    6
    pièces de 20 cm

    et 24 de 16 cm,
    rayées se chargeant par la culasse. La rayure permettait d’augmenter le calibre
    des cannons.

    D’autres frégates du même types ont étaient construites :

    L’Invisible,
    la Normandie,
    la
    de 64.000 tonnes de fer lancée en 1861, suivie plus tard de l’Héroïne

    1898
    Deux vaisseaux en bois de 7.000 tonnes, le Magenta, le Solférino, avec comme
    armement : 10 cannons de 24
    cm
    et 4 de 19
    cm
    et des frégates cuirassées du type Flandre et Savoie
    avec cuirasse de 15 cm

    La
    formule du cuirassé de haute mer est maintenant trouvée et ce sont désormais
    les événements maritimes qui imposeront les transformations.

    Merci à Histoire de la Marine, et,
    WIKIPEDIA, Digital Collections, Marine FREE Military photos, reproduction chapitre

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    Faune sous marine : Phoque Gris de la Mer d’Iroise

    bernard | 20 février 2008

    Les phoques gris de l’Iroise

    Il n’est pas rare, après une plongée sur le Kléber ou le War Balloon, en rentrant au Conquet, de distinguer, avec un peu d’habitude, sur les roches découvrant à mi-marée, de sympathiques spécimens de phoques gris, se reposant au soleil, ou faisant la planche dans les eaux calmes, abritées du courant.

    Il s’agit là des représentants les plus méridionaux de l’espèce, qui apprécient la qualité gastronomique des îles du Ponant, notamment celles de l’archipel de Molène. Parmi leur menus préférés, citons entre autres le carrelet, le congre, les ormeaux (oui, oui !), les crabes, et bien sûr les lieus emblématiques de la pointe de Bretagne.

    Les phoques gris portent une tenue beige, plus ou moins claire, lorsqu’ils ont profité d’un bon bain de soleil. Dès la première immersion, ils reprennent une couleur foncée, presque noire. Ces animaux, comme leurs copains les grands dauphins, qui partagent à l’année cette zone d’eaux peu profondes de la Chaussée des Pierres Noires, ne recherchent pas particulièrement notre compagnie, et si, à l’occasion d’un bord de voile au sud de Béniguet, ou autour des roches des Beulveugnou vous entendez (outre bien sûr le bruit des moteurs des « sea watchers ») le gémissement plaintif du phoque gris; ce dernier ne vous appelle pas! Rappelez vous les aventures d’Ulysse et de ses compagnons, charmés par le chant des sirènes…

    Lors de grosses dépressions d’hiver, certains cousins (même des bébés!) de Grande Bretagne peuvent traverser la Manche, emportés par le noroît. Les phoques ne semblent pas avoir de prédateur naturel, tout au moins ici. Ils sont par contre victimes, surtout les jeunes, de noyade dans les filets.

    Souhaitons qu’ils continuent à fréquenter notre beau pays, d’autant que la pêche professionnelle s’intéresse moins qu’il y a cinquante ans à cette zone , trop peu rentable .

    Bonnes plongées !

    PatMan.

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    biologie, faune, phoque
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