La guerre de Crimée
| 20 février 2008Par Fanch
L’expédition
de Crimée, vingt-quatre ans après cette d’Algérie donna à la marine à vapeur
naissance de sa consécration d définitive.
Elle
soulevant, en effet, un problème encore plus difficile que celui qu’avait
résolu l’amiral Dupré et qui était insoluble par les seuls moyens de la marine
à voiles :
Le
transport et le ravitaillement pendant deux ans de prés de deux cent mille
hommes à plusieurs milliers de kilomètres de leur pays natal.
Au cours de l’été 1853, les escadres anglaise et française de
contre les visées traditionnelles de
Le
vent favorable pour franchir le détroit, le Napoléon, tenant les promesses de
ses essais de l’année précédente, enlevait
le trois ponts
Hamelin (Amiral
en 1854, il entre au Sénat. Il est nommé ministre de
le programme de rénovation navale voulu par l’Empereur : suspension de la
construction des vaisseaux de bois, mise en chantier de
cuirassé… Il est remplacé en 1860 et nommé grand chancelier de la légion
d’honneur, premier marin à être appelé à cette dignité. Il meurt en 1864.) , qu’il conduisait d’une traite dans la mer de
Marmara, où les autres les autres vaisseaux le rejoignirent les jours suivant.
Le 20 octobre,
une escadre commandée par le vice amiral Nakimoff détruisait en trois heures,
devant Sinope, une division de frégates et corvettes ottomanes très inférieure
en force, n’ayant que des boulets pleins à des boulés explosifs ennemi.
Le 27 mars 1854, les troupes du tsar ayant passée le
Danube pour mettre le siée devant Silistrie,
déclarèrent la guerre à
15 avril, la proclamation solennelle en fut faite aux acclamations des
équipages à bord des vaisseaux mouillés en rade de Balfchik, au nord de Varna,
tandis que les pavillons des nations alliés claquaient en tête de mats.
Une
pareille guerre qui mettait des nations éloignées, mais disposant d’une flotte
de 130 vaisseaux, aux prises avec l’immense empire de Russe, dont l’armée
navale ne comptait que 40 navires était en faite la lutte décevante de la
baleine contre l’éléphant.
En
raison des facilitées offertes par la proximité de
base d’opérations, c’est la mer Noire qui fut choisie pour théâtre principal de
la guerre. L’escadre de l’océan, constituée à Brest sous le commandement du
vice-amiral Bruat, reçu l’ordre de faire route sur les détroits et rallia au
mois de juin le pavillon du vice-amiral Hamelin, qui se trouva ainsi à la tête
de forces imposantes :
L’escadre
de
comprenant 9 vaisseaux, dont 3 premier rang :
vaisseau à hélice de 80 cannons, le Charlemagne, et l’escadre de l’Océan, qui
comptait 6 vaisseaux dont 3 à hélice : le Montebello de 120 cannons, monté
par l’amiral Bruat, le Napoléon ( Vaisseau a Hélice et a grande vitesse le Napoléon, de 960 chevaux, portant 92 canons, et lance le 15 mai 1850 a Toulon, sur les plans de Dupuy de Lôme
Ce bâtiment fut une révolution dans l’art naval. Il atteignit a la machine seule la vitesse de 13 n?uds 86 centièmes (25 kilom., 600) sur le parcours Marseille-Toulon, le 25 septembre 1852. Ce fut le premier vaisseau de ligne a grande vitesse) et le
Jean-Bart. Quand à l’escadre de l’amiral Dundas, dont le pavillon flottait sur
le Britanna, de 120 cannons elle ne possédait que 2 vaisseaux à vapeur : l’Agmennon, portant la marque de
contre amiral Lyons, et le Sans-Pareil.
(Vaisseau le
style="color: rgb(153, 51, 102); text-decoration: none;">Pareil, portant 198 canons, construit en 1760
Le Sans-Pareil donne une idée des beaux vaisseaux de l’époque de Louis XV ; la construction navale avait alors fait des progrès considérables, et le vaisseau a voiles touchait presque a sa perfection)
La levée du siège de Silistrie rendit
bientôt les troupes disponibles et, comme une affreuse épidémie de choléra
survenue au mois d’août décimait l’armée et la flotte assemblées à Varna, les
chefs de l’expédition durent chercher un nouvel objectif. Se rangeant à l’avis
des Anglais, dont l’esprit réaliste ne perdait pas de vue l’escadre russe de Sébastopol,
ils décidèrent de débarquer en Crimée.
Le
5 septembre une armada de 350 navires, dont 90 de guerre, quittait le
mouillage de Balfchik, transportant une armée de 64.000 hommes, dont 29.000
Français, 7.000 Trucs et 28.000 Anglais, avec d’énormes approvisionnements. Après
quelques hésitations sur le choix des lieux de débarquement, on se décida pour
le fort d’Old Fort, à
kilomètres
mise à terre se fit sans opposition de la part des Russes. Le prince
Mentchikof, accouru en tout hâte, fut bousculé sur les bords de l’Alma et dut
se retirer en direction de Silféropol, laissant aux alliés la route libre sur
Sébastopol.
Craignant une attaque par la mer,
l’amiral Nakimoff coula à l’entrée du port 6 vaisseaux et 2 frégates reliés
entre eux par des estacades, et, comme les positions dominantes du nord étaient
difficiles à enlever, les alliés se dirigèrent sur le plateau de Khersonèse, au
sud de la ville, en faisant le tour âr l’intérieur. Pendant ce mouvement,
l’escadre anglaise occupa le fiord de Balakava, au sud de la presqu’ile, et la
flotte française la baie ouverte de Kamiesch, à l’ouest de port, pour y établir
les dépôts d’approvisionnements de leurs armées respectives. Sous l’énergique
direction de l’amiral Kornilof, gouverneur général de
déjà sexagénaire, qui furent tués l’un et l’autre au cours du siège, 15.000
marins servant 2.000 cannons débarqués des bâtiments coulés ou désarmés
défendaient les forts de Sébastopol. Pour attaquer de pareils ouvrages, les pièces
de l’armée assaillante étaient insuffisantes et, le 3 octobre 1.100 marins
français avec 20 bouches à feu sous le commandement du capitaine de vaisseau
Rigault de Genouilly, et 1.800 marins britanniques avec 50 pièces virent
renforcer le parc de siège
Le
17 octobre
les généraux alliés attaquent la place après une forte préparation
d’artillerie. Mais le feu des batteries de siège, commencé au lever du jour,
est rapidement maitrisé, et lorsque, vers midi la flotte alliée, retardée par
la brume et l’imprécision des ordres, est disposée en double croisant en face
des fortifications de l’entrée du port, un vigoureux duel d’artillerie s’engage
entre les escadres et les forts, dont le tir plongeant leur cause de graves
avaries. Le dunette de
est défoncée par l’éclatement d’une bombe, aux pieds même de l’amiral Hamelin,
et c’est grâce à l’épaisse fumée empêchant l’ennemi de rectifier son tir qu’à
la nuit tombante la flotte peut se retirer sans trop de dommage de sa
dangereuse position. Les alliés ont 74 morts et 413 blessés, mais les Russes
ont fait une perte irréparable en la personne du jeune amiral Kornilof. La rue de
leçon n’est pas perdu, car elle montre que les vaisseaux son impuissants contre
les batteries qui les dominent. Dès lors, le rôle militaire de la flotte est
virtuellement terminé et de nouvelle tâche ardue et pénible lui incombe, qui
sera le plus souvent le lot de la marine dans les expéditions d’outre mer. Les
bâtiments à vapeur étant en nombre insuffisant pour assurer les transports, les
vaisseaux à voiles, montés par des équipages réduits de moitié, accomplissent
de véritables tours de force. « On se souvient
plus de l’effroi qu’inspirait le mer Noire aux anciens navigateurs, écrivait
Jurien de
chef d’état major de l’amiral Bruat ; nous l’avons si souvent traversée,
dans tous les sens et dans toutes les saisons, que nous avons fait oublier son
renom sinistre. Avant l’expédition de Crimée, les compagnies d’assurances les
tenaient pour l’une des mers les plus dangereuses du globe. On n’eût jamais
admis que les vaisseaux à voiles la pussent la sillonner en hiver ; on
songeassent à rester mouillées sur les côtes de Crimée au-delà du mois
d’octobre
En fait un ouragan incomparablement plus
violent que celui qui avait assailli la flotte de Duperré à Sidi-Ferruch se
déchaine le 14 novembre 1854 sur toute la côte de
mouillages occupés par la flotte. L’Henri-IV, la corvette à vapeur le Pluton et
le vaisseau turc sont jetés sur la plage d’Eupatoria ; 38 navires de
commerce sont détruits, entrainant la mort
de 400 marins.
Cet avertissement fut un arrêt de mort
pour les vaisseaux à voiles, qui furent renvoyés de la mer Noire tandis que
l’amiral Hamelin transportait son pavillon sur une frégate à roues. Lui même,
élevé à la dignité d’amiral, rentra en
France à la fin de décembre, laissant le commandement de l’armée navale au
vice-amiral Bruat (Armand Joseph
Bruat, amiral français,
né à Colmar
le 27 mars 1796,
mort en 1856.). Cependant, la
flotte se résigne difficilement à l’inaction, et au mois de mai 1855, les
amiraux allies organisent une expédition dans la mer d’Azof en vue de détruire
les approvisionnements accumulés par l’ennemi.
Quelques jours plus tard, l’enlèvement
du « Mamelon vert » qui donne accès
à la tour de Malakof dominant la partie est de Sébastopol, fait présager la fin
du siège ; mais l’assaut prématuré de la tour, tenté le 18 juin aboutira à
un sanglant échec, et il faut attendre encore prés de trois mois pour emporter,
le 8 septembre, l’ouvrage considéré justement comme clef de Sébastopol.
Si grave que fût pour
Russie
mettait plus en péril le vaste empire où avait fondu la grande armée de
Napoléon que ne l’avait fait in an auparavant dans
de Bomarsund par les amiraux Nappier et Parseval-Deschêns.
L’escadre française recevait un renfort
décisif, constitué par les trois batteries flottantes, Lave, Tonnante er Dévastation.
L’idée de ces navires, dérivés des
engins employés au siége de Gibraltar de 1782, n’était pas nouvelle et avait été reprise par
l’ingénieux Labrousse dans son projet de bélier à éperon qui avait conduit à faire
à Grâves, en 1842 et 1843, des expériences de blindage restés indécises. A la
suite de l’échec des escadres alliées devant Sebastopol, des essais décisifs
furent faits à Vincennes ; en même temps on construisait en grande hâte,
sur les plans de l’ingénieur Guyeqqe, 3 batteries flottantes, sortes de
chalands en bois de
mètres
recouverts d’une armure en fer de
une machine de 375 CV leur imputait une vitesse de 2 n?uds 5 à peine suffisante
pour pouvoir se déplacer . Aussi est ce à la remorque qu’on les envoya en
Crimée, où elles arrivèrent quelques jours après la chute de Sébastopol.
Les
frégates cuirassées.
Le
succès remporté à Kinburn par les
batteries flottantes fut le second épisode de la lutte du canon contre le cuirasse
annoncée en 1825 par l’emploi des obus explosifs du chef de baitaillon
Paixhans, qui annonçait dès cette époque la construction de navires en fer à
l’épreuve de l’artillerie, ajoutant qu’on serait obligé de revenir au combat
d’abordage, convenant particulièrement au tempérament français, d’où il
résultera, affirmait-il avec la belle hardiesse des novateur, » que la puissance de nos flottes s’agrandira de la
puissance de nos armées : changement immense. »
Dupuy
de Lôme eu l’honneur de construire le premier cuirassé., en même temps qui
présentait au prince de Joinville (Le
prince de Joinville naît à Paris le 14 octobre 1818.
Comme ses frères, il passe ses premières années au collège Henri-IV où il remporte de véritables
succès. Autant pour obéir aux ordres du roi que pour suivre ses propres goûts,
le prince se dispose à entrer dans la marine par des études spéciales, subit
ses premiers examens à Brest et commence à l’âge de 13 ans l’apprentissage du métier
de marin. Il s’embarque à
aspirant de 2e
classe sur la frégate l’Arthémise, navigue sur les côtes de France et se rend en Corse, à Livourne,
à Naples,
à Alger.
Là, il est soumis à toutes les épreuves imposées aux élèves de l’École navale. Le prince de Joinvuille meurt à Neuilly
Les plans du futur Napoléon, l’illustre
ingénieur lui avait montré un projet de frégate entièrement construite en fer,
mais, en raison de l’interruption des expériences de Grâves, il avait refermé
son dossier.
Quand o a en tête des innovations aussi considérables, disait-il
en 1856 à un visiteur de l’arsenal de Toulon, il faut attendre l’occasion
favorable de les faires réussir ; autrement on se brise sans profit pour
personne.
Maintenant
c’est différent ; les batteries flottantes ont réussi ; Trois ans
plus tard
offrant presque les mêmes caractéristiques que le Napoléon était lancée à
Toulon.
Napoléon
Longueur
de flottaison
71m23 78m
Largeur
au fort 16m16
17m
Tirant
d’eau moyen 7m72
7m
Déplacement
en charge 5.047 t 5.620 t
Puissance
nominale 900 CV
900 CV
Vitesse 15 n 86 13 n 5
C’était
sensiblement le vaisseau de Dupuy de Lôme rasé de sa batterie haute et allongé
de
Les flancs recouverts de 10 à
cm
L’armement :
6
pièces de
et 24 de
rayées se chargeant par la culasse. La rayure permettait d’augmenter le calibre
des cannons.
D’autres frégates du même types ont étaient construites :
L’Invisible,
de 64.000 tonnes de fer lancée en 1861, suivie plus tard de l’Héroïne
1898
armement : 10 cannons de
cm
cm
avec cuirasse de
La
formule du cuirassé de haute mer est maintenant trouvée et ce sont désormais
les événements maritimes qui imposeront les transformations.
Merci à Histoire de la Marine, et,
WIKIPEDIA, Digital Collections, Marine FREE Military photos, reproduction chapitre






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