pionnier de l’action sociale maritime : Jacques de Thézac
| 14 décembre 2006Jacques de Thézac
Un breton d’adoption consacre son existence à améliorer les conditions des pêcheurs, en 1899 Thézac, l’ami des marins fonde l’abri du marin et l’Almanach du Marin Breton.
Passé les aléas de
La pêche nourrit à peine son homme et les revenus ne sont pas plus élevés que lors des cent dernières années. Le pain et la bouillie d’avoine fait partie du quotidien dans ces maison surpeuplées et où la maladie est présente (la tuberculose notamment). Certains sont même obligés de vendre leur mobilité pour subvenir aux besoins de la famille. Mais que dit-on ? C’est sa faute au pêcheur, il n’a qu’à s’en prendre à lui-même.
Certains négociants disent qu’il ne faut pas donner de l’argent car cela encouragera la paresse. Les beaux esprits ne sont pas plus indulgents. Le jugement de Jules Michelet, professeur au Collège de France, est encore plus sévère. Selon lui, le marin passe la moitié de son temps à boire. C est dans ce contexte de précarité matérielle et d’ivrognerie dévastatrice qu’intervientvers la fin de ce 19ème siécle, un homme quasi providentiel qui va s’efforcer sinon de conférer au marin pêcheur breton un statut social digne de ce nom, du moins de restaurer son image et de lui redonner une certaine honorabilité. En fait, ce personnage hors du commun n’est ni plus ni moins qu’un philanthrope animé d’un esprit de bienfaisance, imprégné des idées du catholicisme social et convaincu du rôle déterminent que les laïcs (donc les pêcheurs) doivent tenir à cet égard dans l’église. Jacques de Thézac n’a pas de sang breton dans les veines. Il a vu le jour en 1862 à Orléans dans un milieu, semble t-il aisé. son père, Charles, exerçait les fonctions de directeur de l’Enregistrement, des Domaines et du Timbre. Fils unique, Jacques va suivre dés son jeune âge un parcours atypique. De constitution fragile, il ne fréquente pas l’école. Un percepteur se charge de son éducation. D’une large ouverture d’esprit, il n’en acquiert pas moins une grande culture encyclopédique qui le situe au dessus de la moyenne dés l’âge de seize ans.Ainsi il va s’affranchir très jeune de la tutelle parentale. Il prend goût à la navigation du coté de Saintes. A 20 ans il connaît par c?ur les Courreaux de
Il songe à éditer un journal à usage professionnel, qui réunira des renseignements du métier, avec croquis et des chansons dans lesquelles seraient disséminées en style populaire de saines notions pour saper le prestige de l’alcool.
Le premier Almanach du Marin Breton sera vendu en six mille exemplaires en 1899, trois semaines auront suffit pour les écouler. Reste maintenant à compléter cette action sur le terrain. Assisté de Pierre Quéméré, fils d’un métayer, qu’il prend comme matelot à bord de son bateau, Jacques de Thézac mijote, en fait depuis un moment déjà, le projet de construire, dans les ports de pêche, des maisons d’accueil offrant le gîte et le couvert aux équipages de bateaux faisant relâche.
L’Eucalyptus remplace l’eau de vie et le premier abri est ouvert sous le nom de l’Abri du Marin, en 1899 également, au Guilvinec, immédiatement suivi de celui de Sein.
L’objectif de ces centres de couleur rose bonbon est multiforme. Dans le contexte social qui leur est dévolu, ils jouent à la fois le rôle de havre de repos, de dispensaire, voire de cabaret. Etant toutefois entendu que l’alcool y est proscrit et que la seule boisson autorisée est … L’Eucalyptus.
Pari réussi par Jacques de Thézac.
En 1936, Jacques de Thézac disparaissait en laissant l’image d’un grand humaniste et d’un pionnier de l’action sociale maritime. Ses successeurs s’efforcèrent de conserver la ligne philanthropique qu’il avait définie tout en s’adaptant à l’évolution de la pêche bretonne.


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