Récit de plongée : 1 ère fois sur le kléber à -48 m
bernard | 17 août 2006 Première plongée sur le Kleber. Le lundi après-midi du 7 août 2006, nous devions plonger sur l’épave du Kléber (1897-1917), un Cuirassé français de 130 m de long, coulé par une mine sous-marine allemande, au large de la rade de Brest. La brume d’Iroise nous empêcha de la visiter
, mais une nouvelle tentative devait être menée l’après-midi du mercredi 9 août. Le mercredi matin, nous avons effectué une très belle plongée sur l’Ardoisier
(balise des Vieux Moines, Pointe St Mathieu) : une galathée, un congre et un homard partageaient la même grotte, une sole veillait à l’entrée et une raie torpille dormait tranquillement sur le sable, entre les failles recouvertes d’éponges, d’alcyons jaunes et d’anémones perles vertes et roses…
Quand nous sommes remontés au bateau, nous avons été accueillis par une pluie fine et vivifiante… et par la brume ! Inquiets pour la réussite de notre mission sur le Kléber, il ne nous restait plus qu’à attendre que le brouillard se lève… Heureusement, à 14h30, le temps nous permit de prendre la mer, pour notre plus grande joie !
Sur le bateau, Tanguy me confia un de ses phares (100 W !
) et me fit une description détaillée de l’épave, grâce à un schéma précis, pendant qu’Alainf préparait le pendeur, accompagné de la bouée et du drapeau des plongeurs, élément vital pour notre entreprise ! Vers 15h30, Tanguy, David et moi (Rémi) sautâmes à l’eau pour descendre au pendeur afin de rejoindre le Kléber, qui gît par 45/48 m de fond.
Nous arrivâmes sur l’épave par le Nord avec une très bonne visibilité, ce qui nous permit de distinguer sa majestueuse silhouette. Nous longeâmes la coque par tribord, qui était recouverte de gorgones oranges ou blanches, d’alcyons jaunes, d’étoiles de mer et d’oursins violets. Nous fûmes accueillis par un énorme lieu d’un bon mètre
, nageant paresseusement le long de la coque du Cuirassé. Malheureusement pour moi, le phare que m’avait prêté Tanguy ne voulut rien (sa)voir et cessa de fonctionner
. Je suivis donc les rayons de lumière de Tanguy et de David. A ce moment, je pris conscience que les sensations que j’éprouvais étaient différentes de celles que je ressentais sur des épaves moins profondes : mon champ de vision s’était réduit sur les côtés aux bords de mon masque et mon temps de réaction par rapport aux sensations extérieures et aux détails était devenu plus lent. Je gardais en tête de souvent vérifier mon manomètre, mes purges, et de ne pas perdre mes coéquipiers !
Sur la partie avant, nous avons pu apercevoir de nombreuses munitions, obus et autres armes anti-aériennes. Sur tribord, nous vîmes deux tourelles qui portaient les canons. Une tourelle de vigie, équipée de meurtrières repose plus loin, à l’envers. L’étrave est très nette et abritait un banc de lieus énormes. Au-delà, on peut trouver une ou deux ancres impressionnantes. Nous avons fait demi-tour en longeant la coque par le bas. Nous découvrîmes une grande voûte ou l’on pouvait voir un gros congre. Ensuite, nous nous sommes dirigés vers la partie arrière, dont le pont a été enlevé lors d’opérations de récupérations sous-marines. Cette partie est remplie de débris et de ferraille. Les trois arbres des trois hélices, qui pouvaient propulser le navire jusqu’à 21 n?uds grâce à ces 20 chaudières Niclause sont très bien visibles. La séparation entre la partie avant et la partie arrière du Kléber est marquée par une grande voûte, où l’on peut apercevoir les énormes moteurs. Après être restés 16 minutes sur l’épave, nous sommes remontés en pleine eau et nous avons fait un palier de une minute à 6 mètres et 10 minutes à 3 mètres.
Nous sommes remontés sur le bateau, éclairés par un soleil radieux, heureux de notre magnifique plongée.
Nous apprîmes par la suite que Zlatko, le plongeur et chasseur sous-marin Bosniaque
avait fait un gros effort pour ne pas remonter un petit « Casse-Crrroute » (lieus et congres, entre autres…) !!! J’ai ensuite arrosé cette superbe première sur le Kléber avec un délicieux Kuign Aman !!!
Article de Rémi Favre. Pour www.csa-plongee.com le Conquet.





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